Ils ont navigué avec nous

                             

               

 

Témoignages

 

J’ai connu Mixivoile au printemps 2016 à l’occasion d’une hospitalisation. Donner l’accès à la voile – et à la mer – aux personnes en situation de handicap, qu’il soit physique, mental ou social (nombre de marseillais, bien que vivant au bord de la mer, n’ont jamais navigué de leur vie) m’est apparu comme essentiel. Le regard de certaines personnes qui m’accompagnaient à l’issue de la « nav » était édifiant ! J’ai donc récupéré les coordonnées de l’association. Depuis, j’ai eu l’opportunité d’y retourner à plusieurs reprises, accompagné de personnes en situation de handicap (un cousin sourd) ou non (mes enfants) et le plaisir a toujours été aussi grand. Il faut dire que ce n’est pas « la croisière s’amuse », mais une vraie « formation » à la navigation à voile : préparer le matériel, hisser les voiles, tirer des bords, faire les nœuds pertinents, tenir la barre… Bref tout le monde participe et apprend.

Un grand bravo aux créateurs de cette association et que Mixivoile dure le plus longtemps possible.

Didier, stagiaire


La 1ère sortie, organisée par ma clinique m’a fait connaître Mixivoile qui m’a ouvert les yeux sur des plaisirs oubliés : le calme, la sérénité, se sentir utile à bord en participent aux manœuvres, maladroitement, avec un skipper très sympathique et très patient. Tout en faisant des rencontres des personnes de tous horizons. A bords nous sommes au même niveau social et… tout en gardant un pied à la clinique et l’autre à bord.  M’aide à ma guérison. MERCI

Pascal, stagiaire


L’après-midi sur l’eau s’est très bien passé avec 6 enfants souffrant de déficiences visuelles et mentales (IRSAM), leurs 2 accompagnatrices, Arthur le skippeur + Bruno et moi pour la FDJ. Conditions météo très favorables avec soleil et petite brise. Une anecdote : Alexia, toute excitée, en a jeté ses lunettes de vue par-dessus bord avant-même la sortie du port. Bruno n’écoutant que son courage, s’est précipité à l’eau pour récupérer ces précieuses montures à demi enfouies dans la vase. Enzo, inquiet à l’idée de monter sur le bateau (il a fallu faire preuve de patience), ne voulait finalement plus en descendre 2h plus tard. Cela faisait plaisir à voir.

Très belle expérience. Je pense que les enfants se souviendront longtemps de cette escapade en goélette. Idem pour moi.

Christophe, responsable RH de la FDJ


Avec l’association MIXIVOILE, les sportifs du foyer les Nénuphars ont pu réaliser une dizaine de sorties en mer.  Valérie, Mohamed, Christophe, François et Jessica ont pu pratiquer la voile. De par leur handicap (déficience visuelle et déficience intellectuelle moyenne ou profonde et/ou des troubles de la personnalité et du comportement). Cette expérience est d’autant plus intense. Tout d’abord c’est une affaire de sensations :

 « Il faut regarder le vent pour savoir où il va. Je le sens derrière moi, sur mon corps » dit Mohamed.

« Quand ça balance, ça me rappelle le manège bateau pirate » dit Valérie.

« Ça donne de bonnes sensations quand le bateau tourne, quand il tangue à cause des vagues » dit Jessica.

C’est aussi vivre des émotions :

« Ça penche trop, y a trop de vagues, sinon ça va. A la barre il faut me guider car j’ai peur d’aller n’importe où car j’y vois pas. », dit Christophe.

« A fond quand il y a du vent, je m’éclate et j’ai pas peur. », dit Mohamed.

« Quand il y a trop de vent, ça me donne mal au cœur. J’ai peur d’être malade. », dit Valérie.

Et apprécier l’ambiance sur le bateau : bonne, calme, apaisante (notamment grâce au skipper Arthur) :

« J’apprécie le calme, c’est apaisant. Arthur, il est génial, il est là pour nous aider, il est cool  » dit Jessica.

« J’aime faire du bateau » dit François.

« Ça me plaît de faire de la voile pour changer d’air. Arthur est très sympa et accueillant et c’est important pour nous. Il explique bien les choses à faire sur le bateau. Il nous fait toucher.» dit Valérie.

« On rigole bien avec Arthur » dit Mohamed.

Faire de la voile c’est aussi le plaisir d’être ensemble et de partager avec d’autres. Mohamed et Valérie soulignent « le plaisir d’être avec leurs camarades et d’être ensemble ». Ils ont envie aussi de naviguer avec des personnes qu’ils ne connaissent pas. Cette activité, en plus des apprentissages techniques spécifiques à la voile, est un moyen de tisser du lien social, de procurer du bien-être, de vivre des émotions et de tester ses limites.

Magali (éducatrice sportive IRSAM)